QUEBEC PLANS DE CONSERVATION PLANS

 

ZICO DE TADOUSSAC
RÉSUMÉ

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Une table de concertation représentative des intervenants et des propriétaires touchés par la ZICO (Zone importante pour la conservation des oiseaux) de Tadoussac s'est réunie à quelques reprises durant la dernière année. Elle a procédé à un exercice de réflexion et de planification mené conjointement par l’Union québécoise pour la conservation de la nature, qui coordonne le programme ZICO à l’échelle provinciale, et le Parc du Saguenay, l’organisme qui a accepté de prendre le leadership dans la conservation de cette ZICO. Le résultat est le présent plan de conservation, lequel contient des actions tant de protection, d’aménagement que de mise en valeur.

La ZICO de Tadoussac est considérée d'importance mondiale en raison des populations de cinq espèces d'oiseaux qui atteignent ou dépassent le seuil de 1 % de la population mondiale lors de leur passage. Une d'entre elles, le Faucon pèlerin, est une espèce d'oiseaux de proie en péril. Les quatre autres espèces sont le Faucon émerillon, l'Harelde kakawi, le Goéland argenté et le Goéland arctique. Le site revêt aussi une importance continentale pour une espèce de canard en péril, le Garrot d'Islande, et pour six autres espèces : la Buse pattue, la Buse à queue rousse, la Mouette tridactyle, l’Eider à duvet, la Macreuse noire et le Canard noir. La ZICO de Tadoussac revêt enfin une importance nationale pour quatre autres espèces de rapaces : le Balbuzard pêcheur, l’Épervier brun, l’Autour des palombes et la Crécerelle d'Amérique.

D'une superficie de 6,9 km 2 , la ZICO de Tadoussac englobe une grande partie du secteur des Dunes du parc de conservation du Saguenay de même qu'une section riveraine du parc marin du Saguenay-Saint- Laurent. Les milieux semi-désertiques des terrasses marines sont propices à l'observation des rapaces en migration et des oiseaux d'eau de passage sur le fleuve en contrebas. Les huit espèces de rapaces mentionnées font partie de la douzaine d'espèces qui sont des migrateurs automnaux réguliers à Tadoussac. En moyenne, 17 000 oiseaux de proie sont comptés à chaque migration par l'Observatoire d'oiseaux de Tadoussac (OOT). L'OOT est un programme d'Explos-Nature, un organisme voué à l'éducation aux sciences naturelles. Depuis 1992, l'OOT effectue un suivi du nombre de rapaces et d'autres espèces boréales. L'OOT constitue ainsi une fenêtre sur l'état de l'écosystème boréal. Des captures et baguages d'oiseaux se font dans un secteur du parc situé autour de la maison des Dunes. Des activités éducatives sont organisées autour du travail des biologistes qui manipulent les oiseaux. Unique observatoire d'oiseaux au Québec, l'OOT complète le réseau des 20 observatoires canadiens en étudiant plus particulièrement des espèces nordiques comme la Buse pattue. Il importe de maintenir à long terme les activités de l'OOT, notamment en s'assurant que les conditions de travail et les aires de captures demeurent adéquates. Une entente à long terme entre l'OOT, le parc du Saguenay et la Société de la faune et des parcs du Québec est en voie de signature. Diverses autres mesures en ce sens sont proposées.

La ZICO de Tadoussac offre un excellent point de vue sur le corridor migratoire qui longe la rive nord du Saint-Laurent. En effet, lors de leur migration diurne, les rapaces descendent de leurs aires de reproduction nordiques jusqu'au fleuve Saint-Laurent. Ils obliquent alors vers le sud-ouest en longeant la rive, car ils ne peuvent traverser de larges étendues d'eau. Les données d'ÉPOQ nous montrent que d'importants groupes de rapaces sont aperçus tout au long de la rive nord du Saint-Laurent. Ces données préliminaires indiquent que, l'automne, les rapaces semblent de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l'on va vers le sud-ouest, c'est-à-dire vers l'amont du Saint-Laurent, jusqu'à Cap-Tourmente où les oiseaux peuvent aisément traverser le fleuve. Une étude s'avère essentielle pour connaître davantage les endroits de passage et les espèces qui les utilisent. Une fois le corridor migratoire bien cerné, on étudiera la possibilité d'en faire la première aire protégée aérienne du Québec.

La principale menace qui pèse sur les oiseaux qui empruntent ce corridor migratoire est la présence de nombreuses tours de communication. En effet, lors de conditions météorologiques particulières, les oiseaux migrant la nuit peuvent entrer en collision avec ces tours. Quelque 80 passereaux ont été retrouvés morts au pied d'une tour à Saint-Tite-des-Caps. On estime à 5 000 000 le nombre d'oiseaux qui meurent chaque année à cause des tours en Amérique du nord. Le ministère étasunien de la faune propose certaines recommandations pour rendre les tours moins dangereuses. Mais au Canada, aucune mesure réglementaire n'existe pour les tours de communication. Une étude sur la mortalité associée aux tours situées dans le corridor migratoire de la rive nord du Saint-Laurent est proposée. De plus, une tour présentement non utilisée est située en plein coeur de la ZICO. Les intervenants sont tous d'accord pour qu'elle soit démantelée.

Les avions constituent aussi une menace potentielle. De nombreux aéroports sont situés dans le corridor migratoire. Un programme de sensibilisation ciblant notamment divers intervenants dans le domaine de l'aviation est proposé. Les outils éducatifs créés serviront aussi pour la clientèle scolaire locale et les touristes. Tadoussac semble non seulement à la croisée des chemins des oiseaux mais aussi un lieu de rassemblement lors de la migration des chauves-souris. Une étude pour recueillir davantage d'informations à ce sujet est proposée.

La ZICO de Tadoussac possède un immense potentiel de mise en valeur. Que ce soit en ce qui a trait à l'éducation des jeunes ou des universitaires, les activités de l'OOT méritent d'être mises en lumière.

C'est pourquoi, à l'automne 2000, un colloque ornithologique a été organisé dans le cadre des célébrations entourant le 400 e anniversaire de Tadoussac. Cette activité pourrait être renouvelée régulièrement et ouverte à une plus large audience, peut-être en la combinant avec le Festival folklorique de Tadoussac.

Enfin, les surfaces d'eau libres de glace en face de Tadoussac en hiver attirent nombre d'oiseaux aquatiques. Ce spectacle saurait intéresser plusieurs ornithologues amateurs durant la saison morte.

Plus de publicité est nécessaire. En tout, 5 projets et 23 actions sont proposés. Une somme approximative de 150 000 $ est nécessaire pour réaliser l'ensemble de ces activités sur deux ans.


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