QUEBEC PLANS DE CONSERVATION

 

ZICO DU BANC-DE-PORTNEUF

RÉSUMÉ

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L’intérêt du banc de Portneuf est principalement lié à la formation géomorphologique particulière d’un banc de sable qui représente une aire d’alimentation et de repos importante pour plusieurs espèces d’oiseaux dont certaines sont considérées rares. L’environnement maritime du banc est également un lieu de rassemblement important pour plusieurs espèces de mammifères marins. La richesse et la diversité biologique du milieu ainsi que le paysage unique représentent des attraits naturels à protéger, tout en tenant compte de leur potentiel touristique élevé.

La ZICO du Banc-de-Portneuf est considérée d’importance mondiale à cause des effectifs d’espèces d’oiseaux de rivage suivantes qui atteignent ou dépassent le seuil de 1 % de la population mondiale lors de leur passage : le Pluvier argenté (7 % de la population mondiale), le Bécasseau minuscule (6 %), le Tournepierre à collier (1 %), le Bécasseau sanderling (4 %), le Bécasseau semipalmé (2 %) et le Bécasseau à croupion blanc (3 %). De plus, le site revêt une importance continentale pour une espèce d'oiseau de rivage, le Bécasseau maubèche.

Le territoire de la ZICO, situé sur la rive nord de l’estuaire du Saint-Laurent, comprend une grande barre de sable, deux marais salés, la pointe des Fortin, une partie du milieu estuarien, une portion de milieu maritime et, finalement, une section de la zone littorale. Le banc de sable en question est appelée « barre de Portneuf ». C’est une formation unique à l’échelle du Saint-Laurent. Longue de presque quatre kilomètres et large d’environ 250 mètres, elle est principalement constituée de sable et on y retrouve, en plus des dunes, trois îlots boisés. Le site donnant accès à la barre est appelé terrain Bouliane. Entre la barre de sable et le littoral se situe une vaste batture, comportant un premier marais salé de 42 hectares. L’autre marais salé compris dans la ZICO est localisé en rive gauche de l'estuaire de la rivière Portneuf. Il est divisé en trois par le chemin d’accès à la marina et la route 138. La pointe des Fortin, située à la sortie de la rivière Portneuf, est un milieu dunaire qui s’avance sur 500 m dans l’estuaire du Saint-Laurent. La ZICO s’étend jusqu’à la route 138. Le milieu maritime inclus est la portion entourant la barre de sable et la pointe des Fortin. La zone littorale comprise dans la ZICO est la rive urbanisée à l’ouest de la rivière Portneuf.

La plupart des terres comprises dans la ZICO appartiennent à la province de Québec : la barre de sable, les marais salés et le fond marin. Aucune propriété dans la ZICO n’est de juridiction fédérale, à l’exception du quai. Quant aux autres terrains entourant la barre de sable, la bande de terre bordant la rive gauche de la rivière Portneuf appartient à la municipalité de Sainte-Anne-de-Portneuf, tandis que les bandes de terre longeant les deux rives en amont du pont sont propriété de l’entreprise Emballages Stones et que l’ensemble des berges du littoral appartiennent à de nombreux propriétaires privés. Selon le zonage municipal, la barre de sable est vouée à des usages exclusifs de conservation.

La pointe des Fortin, elle, est vouée à la conservation ainsi qu’aux usages extensifs. Le terrain Bouliane a une vocation résidentielle et commerciale. La municipalité de Sainte-Anne-de-Portneuf a souligné son intention de maintenir le zonage de conservation pour la barre de sable et la pointe des Fortin.

En plus d’avoir été désigné Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO), le Banc de Portneuf comprend trois aires de concentration des oiseaux aquatiques (ACOA) reconnues légalement comme habitats fauniques par la Société de la faune et des parcs du Québec. Le statut de protection proposé pour ce site naturel d’importance est celui de Refuge faunique.

Ce statut permettrait à un organisme local de gérer le site pour des activités de mise en valeur tout en étant appuyé par la Société de la faune et des parcs dans sa protection. Le statut de Réserve pour les oiseaux de rivage de l’hémisphère occidental a aussi été proposé. Ce statut permettrait une reconnaissance au niveau international de sa valeur ornithologique en ce qui a trait aux oiseaux de rivage. Ces deux statuts pourraient s’appliquer simultanément et permettre la poursuite de certaines activités traditionnelles.

Les utilisations actuelles du territoire sont principalement l’observation d’oiseaux et de mammifères marins, la baignade, la cueillette de mollusques et de petits fruits, la chasse et la pêche. La proximité de la municipalité de Sainte-Anne-de-Portneuf engendre parfois une utilisation intensive du site.

Les menaces prééminentes liées aux activités humaines sur le site sont le piétinement de la végétation par les VTT, le dérangement de la faune aviaire par les visiteurs et les bateaux, la contamination du marais derrière la barre de sable par le déversement des égouts de la municipalité, les déchets laissés sur place, les résidus de feux de grève et les déversements accidentels ou volontaires de produits pétroliers. Notons aussi qu’une autre menace existe pour les oiseaux. Il s’agit des deux tours de communication situées sur la pointe de Fortin. Ces dernières pourraient être la cause de mortalité chez les oiseaux durant leurs vols pré-migratoires à basse altitude. Lors de certaines conditions climatiques, les oiseaux peuvent se frapper sur les tours ou les haubans. Des disposition précises peuvent être prises afin de réduire ce risque au minimum.

On constate un manque de sensibilisation des citoyens à l’égard de la fragilité et de la richesse du milieu, ce qui peut entraîner des conséquences négatives sur l’environnement. C’est pourquoi des actions de mise en valeur, de sensibilisation et de restauration du milieu sont proposées dans ce plan.

Tout d’abord, des panneaux de signalisation pourraient être installés à des endroits stratégiques pour accroître la visibilité du site à l’échelle locale et régionale. De plus, le dépliant promotionnel du site pourrait être mis à jour et placé pour distribution dans les centres touristiques des environs.

Quelques panneaux d’auto-interprétation pourraient être disposés sur le site même pour mieux faire découvrir aux visiteurs les attraits naturels qui le composent et les façons de les conserver. La sensibilisation pourrait aussi se faire en distribuant aux résidences de la municipalité un dépliant expliquant les dommages causés par la circulation des VTT. D’autres activités, telles la plantation de l’élyme des sables ou la mise en place de clôtures, pourraient avoir lieu dans le but de restaurer certains sites dégradés par l’érosion causée par l’activité humaine.

En tout, 17 interventions ont été proposées. Un budget estimé à 510 500 $ sera nécessaire pour réaliser l’ensemble du programme de protection et de mise en valeur de la ZICO du Banc-de-Portneuf.

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