QUEBEC PLANS DE CONSERVATION

 

ZICO DE LA BAIE-DE-GASPÉ ET
ZICO DE LA POINTE-SAINT-PIERRE-ET-DE-L’ÎLE-PLATE

RÉSUMÉ

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Une table de concertation représentative des intervenants et des propriétaires touchés par les ZICO (Zones importantes pour la conservation des oiseaux) de la Baie-de-Gaspé et de la Pointe-Saint-Pierre-et-de-l’Île-Plate s'est réunie à quelques reprises durant la dernière année. Elle a procédé à un exercice de réflexion et de planification mené conjointement par l’Union québécoise pour la conservation de la nature, qui coordonne le programme ZICO à l’échelle provinciale, et le Comité de protection de la Santé et de l’Environnement de Gaspé, l’organisme qui a accepté de prendre le leadership dans la conservation de ces ZICO. Le résultat est le présent plan de conservation, lequel contient tant des actions de protection, d’aménagement que de mise en valeur. Ces deux ZICO ont été incluses dans le même plan de conservation car elles sont limitrophes et parce que les enjeux de conservation sont passablement les mêmes.

La ZICO de la Baie-de-Gaspé est considérée d'importance mondiale à cause des populations
d’espèces d'oiseaux suivantes qui atteignent ou dépassent le seuil de 1 % de la population mondiale lors de leur passage : l’Harelde kakawi et la Bernache cravant. Le site revêt une importance continentale pour une espèce d'oiseaux en péril, l'Arlequin plongeur, et pour une espèce de canard, le Garrot d’Islande.

La ZICO de la Pointe-Saint-Pierre-et-de-l’Île-Plate est considérée d'importance continentale à cause de la population de l'espèce d'oiseau suivante qui atteint ou dépasse le seuil de 1 % de la population continentale lors de son passage : le Garrot d’Islande. Le site revêt une importance nationale pour une espèce de canard, l’Harelde kakawi.

D'une superficie de 242 km 2 , la ZICO de la Baie-de-Gaspé englobe la baie et le havre de Gaspé de même que les falaises qui les bordent, les deux péninsules de sable qui séparent les plans d'eau précédents, c'est-à-dire les pointes de Sandy Beach et de Penouille, de même que les estuaires des trois rivières à saumon, les rivières Saint-Jean, Dartmouth et York.
Au moins cinq espèces d'oiseaux marins utilisent les falaises entourant la baie pour y installer leurs colonies. Une partie d’entre elles est protégée par le Parc national Forillon. En dehors de la période de nidification, de nombreux canards marins utilisent la baie de Gaspé.

En migration, les trois estuaires sont utilisés par de nombreux oiseaux dont la Bernache cravant.
Durant l'été, ces estuaires sont utilisés par des populations nicheuses de plusieurs espèces d'oiseaux de marais, dont le Râle jaune, une espèce des plus rares. Les trois deltas de ces estuaires sont composés de plus de 33 îles de tenure privée ou gouvernementale. Le Comité de protection de la santé et de l'environnement de Gaspé (CPSEG) est à monter un dossier pour un projet visant à protéger les trois estuaires et, plus particulièrement, les îles de tenure privée qui sont les plus menacées. L'estuaire de la rivière Saint-Jean, aussi appelé Barachois de Douglastown, fait l'objet d'un développement récréotouristique. La préparation d'un plan de mise en valeur serait nécessaire pour allier écotourisme et conservation dans cet important habitat.

La pointe de Sandy Beach, aussi appelée Boom Defence, est le site d’une colonie de Goélands
argentés et marins de même que d'une centaine de couples de Sternes pierregarin. Auparavant, plus de 1000 couples de sternes y nichaient, mais leur nombre a décliné vraisemblablement à cause de la compétition et de la prédation par les goélands. Durant la préparation du plan de conservation, unprojet de protection et de restauration de la colonie de sternes a été initié par le Parc national Forillon, en collaboration avec l'Union québécoise pour la conservation de la nature, le Service canadien de la faune et la Société de la Faune et des Parcs du Québec.

Cette pointe appartient au ministère des Ressources naturelles du Québec, lequel lui attribue une vocation de conservation. Elle est également affectée à la conservation par la Ville de Gaspé et la MRC de la Côte-de-Gaspé. Mais elle est parsemée des restes des filets anti-sous-marins utilisés durant la Deuxième guerre mondiale. Elle est aussi contaminée par un produit pétrolier. Durant la préparation du plan de conservation, un projet de nettoyage a été lancé par le CPSEG et financé par le Fonds d'action communautaire pour les ZICO de la Fédération canadienne de la nature. La décontamination du site est aussi un projet mis en priorité par les intervenants. La préparation d'un plan de restauration et de mise en valeur est proposé de même que la création d'un organisme ayant comme mandat de gérer le site naturel de Sandy Beach.

La ZICO de la Pointe-Saint-Pierre-et-de-l’Île-Plate borde l’extrémité sud de la baie de Gaspé. Elle est composée de l’île Plate, d’une surface marine d’un rayon de 2 km autour d’elle, de même que des rivages de la pointe Sainte-Pierre. Appartenant au ministère des Pêches et Océans du Canada et utilisée uniquement pour une tour d'aide à la navigation, l’île Plate accueille une colonie d'Eiders à duvet, de Cormorans à aigrettes et de goélands.

La principale menace qui pèse sur les oiseaux de la baie de Gaspé et des environs est le risque de contamination dû aux activités industrielles, portuaires et maritimes. Diverses actions en vue de prévenir ce type de catastrophe sont proposées. Un projet de sensibilisation à la fragilité du milieu s'avère aussi nécessaire.

La baie de Gaspé est visée par l’industrie de la mariculture, notamment celle des moules et des
salmonidés. Peu d’information est disponible concernant les effets de la production des moules
actuellement cultivées dans l’estuaire de la rivière Dartmouth sur les populations aviaires de la baie de Gaspé. De plus, l'installation d'équipements d'élevage de salmonidés en inquiète plus d’un. Étant donné les problèmes associés à la mariculture, la poursuite d'études en vue de connaître davantage les impacts de ces activités sur les oiseaux est préconisée. Les intervenants proposent que le dossier de l'aquiculture soit débattu au sein du nouveau Comité de gestion intégré de la baie de Gaspé, duquel la ZICO fait partie.

En tout, 7 projets et 19 actions ont été proposés. Deux projets ont déjà débuté. Une somme
approximative de 220 000 $ est nécessaire pour réaliser l'ensemble de ces activités sur deux ans. Lors de la troisième et dernière réunion de la table de concertation de la ZICO de la Baie-de-Gaspé et de celle de la Pointe-Saint-Pierre-et-de-l’Île-Plate, les membres ont signé le présent plan pour manifester leur accord avec son contenu et pour déclarer leur intention d’appuyer, dans la mesure de leurs possibilités, sa mise en oeuvre.


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