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Seulement 15 % du territoire de la MRC est couvert de forêt, ce qui en fait la MRC la moins boisée du Québec. Une importante proportion des forêts de la MRC se situe dans le parc régional. C'est pourquoi la conservation du couvert forestier y prend une grande importance. Bien que ces forêts soient peu diversifiées, c'est leur importance environnementale qui prédomine. L'un des rôles les plus importants de ces longues bandes forestières est celui de corridor écologique. En effet, de nombreuses espèces tant animales que végétales progressent plus ou moins rapidement dans ces milieux. De par leur configuration, les boisés du parc constituent la colonne vertébrale du réseau d'espaces verts de la MRC. Moins ces corridors forestiers sont fragmentés, plus la biodiversité pourra coloniser l'écosystème du parc. Mais certaines coupures existent entre les différentes sections boisées. Une quinzaine de ces coupures ont été identifiées et pourraient faire l'objet de mesures permettant de connecter les boisés existant. Ainsi, plusieurs projets de plantation sont proposés tant pour remailler les forêts du parc entre elles que pour les brancher sur des centres de biodiversité, situés en périphérie du territoire à l'étude, notamment le boisé Savage, le boisé Robert, le boisé Frappier et les deux petites érablières situées au nord-ouest du pont Saint-Louis.
Crivert, un organisme local, a entrepris des plantations le long des pistes cyclables. Cet ONG a introduit dans le parc des espèces indigènes qui pourront ensuite essaimer dans les milieux naturels adjacents. La regénération et la diversification des essences présentes dans les boisés devraient aussi faire l'objet de travaux forestiers. Est proposée une liste d'espèces végétales ligneuses indigènes à implanter de préférence dans les projets de renaturalisation.
Les marais aménagés par Canards Illimités produisent de nombreuses couvées de sauvagine et abritent de multiples autres espèces vivantes. Toutefois, il serait possible d'augmenter la biodiversité de ces sites par de petits aménagements, que ce soit pour les autres espèces aviaires ou pour les reptiles. La préparation d'un plan pour augmenter la biodiversité dans ces deux ZICO est suggérée.
La protection et l’aménagement des îlots artificiels utilisés par les sternes sont aussi recommandés. De plus, améliorer l’accès des poissons à la frayère de l'étang de Saint-Louis-de-Gonzague s’avère nécessaire.
Nature-Action Québec, un organisme oeuvrant entre autres dans la restauration des cours d'eau, a obtenu une autorisation pour récolter des boutures de saule dans le parc. Ces boutures servent aux travaux de génie végétal utilisés pour la stabilisation des berges. Ces prélèvements ne nuisent pas aux habitats présents car les saules repoussent avec autant de vigueur. En échange, Nature-Action a
entrepris un partenariat avec la MRC pour l’aménagement du parc régional. Pour poursuivre le travail de planification entamé par l'UQCN, pour concerter davantage les divers intervenants qui proposent des travaux de nature environnementale et pour établir une vision solide du futur du parc, la préparation d'un plan quinquennal d'aménagement faunique et de mise en valeur a récemment
débuté. La réalisation de ce projet mené par la MRC permettra de définir et d'intégrer dans une vision d'ensemble les divers axes de travail soulevés par le présent document.
Pour aider les décideurs aux prises avec des demandes de toutes sortes pour le territoire du parc régional, un plan d'affectation est proposé. Ce zonage propose des vocations pour les différentes sections du territoire à l'étude. On y trouve cinq classes : «préservation» des habitats sensibles, Les ZICO du Parc régional du canal de Beauharnois v Plan de conservation «protection» des forêts à forte valeur environnementale, «récréation» pour les secteurs de faible valeur écologique, «agriculture» pour les secteurs déjà en culture et «industriel» pour les zones déjà
affectées à cette fin. L'application de ce plan d'affectation non réglementaire permettrait de conserver les corridors écologiques, de continuer l'agriculture existante tout en poursuivant le développement industriel amorcé.
Bien qu’une zone d’interdiction de chasse à la sauvagine de 4200 ha soit intégrée à l’intérieur du parc, une zone sans prélèvement faunique s’avère nécessaire pour réduire les conflits d’usage et favoriser le développement des activités écotouristiques dont la Société Vélo Berge fait la promotion. Des éléments de réflexion sont proposés afin d’optimiser la cohabitation des différents usages.
En tout, huit projets et 29 actions sont proposés. Une somme approximative de 800 000 $ est nécessaire pour réaliser l'ensemble de ces activités sur trois ans. |